Pour un ami

Vous auriez dû pour un ami, recueillir l’eau de sa folie,

Danser sur l’air de la rosée, de rires et d’or vous décorer.

Vous auriez dû pour un ami, braver la mort de l’accalmie,

Briser le temps, chanter sans fin, sur les déserts de son chemin.

 

Mais vous avez pour votre ami et de vos sorts, drapé la vie,

Et vers la mer vous pavanez, dans la rivière vous regardez.

Mais vous avez, pour votre ami, et pour son or, tâché la nuit ,

Peint sur ses heures vos intérêts et retenu, la vérité.

 

Votre fierté fidèle, à devenir meilleur,

N’est qu’un lit de querelles et c’est votre bonheur,

Qui s’ennuie mais ne cesse, de viser d’autres yeux,

Pour éviter la messe, qui étouffe vos cieux.

Ami qui voit dans l’autre, moins qu’un simple miroir,

Qui jauge dans les fautes, et pétri son histoire,

Ne vient plus à ma porte , je ne t’ouvrirai pas,

Chez nous les âmes mortes s’imprègnent de leur choix.

Tiphaine C

Photo: Cambodge

Le rêve en noir

 

Myriade des passions et jours interdits,

Tentatives d’abandons, gisements de mon ennui,

Entrave l’aube du temps, qui pour l’âme vagabonde,

Atèle les mots d’argent d’une quête furibonde.

Ô tremble arme du monde, faciès des jours heureux,

Je me cache et ma tombe jonchée de perles bleues,

Ne sera que le lot de mes rêves enchaînés,

L’Histoire aura bon dos et la terre mon secret.

Je livre votre errance aux brèches citoyennes,

J’entonne l’orme d’alliance de vos orgies païennes,

Pourchasse un ange étoile aux yeux d’herbe séchée,

Qui rit les ailes pâles d’un monde qui veut brûler.

Les brigands du savoir

Je couche mes pensées sur le duvet du ciel,

Et parle aux habités dans le creux de l’oreille,

Fuyant médiocrité par amour je reprends,

Aux anges décharnés, l’office des vivants.

Pauvre vie, Pauvre vie… Tu m’as choisi sans fin,

Et moi je t’ai maudit, je t’ai offert mes mains,

Aujourd’hui je te parle au pied de mon tombeau,

Et défile la toile au bout de mon pinceau.

Je te crie en silence, au bord de ces hospices,

La jaunisse des errances chargées de maléfices,

Raconte sans le vouloir l’artifice en manteau,

Le brigand du savoir aux allures de héros.

Prodige

Va dire amour ce qui cause ma peine,

Ne vient il pas à vous du fond de l’horizon,

Et qui l’eut abordé n’aurait eu pour tout prix,

Se voir le plus possible et s’aimer seulement.

Si mon cœur fatigue du rêve qui l’obsède,

Et bien, bon ou mauvais, inflexible ou fragile,

Humble ou fier, triste ou gai,

Mais toujours gémissant,

Si tu veux être aimé respecte ton amour.

 

Tiphaine C

(Inspiré par de Musset)

Le divan du spectacle

Par quel drôle de miracle, les élans du bonheur,

Les divans du spectacle, les blessures de nos cœurs,

Troublés par les amours, la conscience au repos,

N’écroulent pas le jour, ignorent les drapeaux.

Plus de fille à la mer, tous les ballons s’envolent,

Ni larme ni prière, aux bancs de mon école.

Quand j aime je m’oublie, pour le temps des baisers,

Que la vie me maudit, d’avoir su vous aimer.

 

Tiphaine C

 

Tableau de Monet « Les coquelicots »

Là-bas d’où vient le monde

Mon âme s’élève au loin sur le rang du soleil,

Aspire l’orme et le pin, la rime s’émerveille,

Parsème en goût de fleur, la légèreté de l’être,

Caresse la lueur de ne jamais paraître.

 

La peur couvre les temps du mystérieux sourire,

Là-bas d’où vient le monde qui s’ennuie de vieillir,

Consume le feu de l’ombre, s’acharne pour exister,

L’enfant, la dame blonde, la canne et l’héritier.

 

Mon âme à soif d’un chant qu’on appelle la vie,

Paillasse des jours sans fin au goût de l’interdit.

 

Tiphaine C

Soupir du grand voyage

.

.

Je vous ai dans mon être entretenu sans fin,

D’amour et d’âme en quête d’apaiser mon chagrin,

Assise pour ne pas dire, le charme à résister,

Sauvageonne du désir, aux drames encastrés.

 

Vous savez quémander, lascives larmes dociles,

Vous savez révolter, passive âme tranquille,

Que vous avez poser, dans l’ombre ce soir là,

La main sur le loquet, le menton vers le bas.

 

Engoncé dans la chambre, en marge de la vie,

Crachez à mon malheur les nombres interdits ,

Vous êtes pour l’ignorance, la corde du beau jour,

Silhouette de ma chance qui durera toujours.