Les nuits dérobées

Ne donnez plus vos nuits à ceux qui veulent les prendre,

Pour vivre vos envies en tuant les heures tendres,

Pour un moment volets fermés, points au compteur, corne et Bizet, 

Blessure du bois, plaie au couteau, Cris d’un ébat du dernier mot.

La grâce en tremble et vos yeux fades, tenaces et dures en pierre de jade

D’un vert étrange et pénétrant, noient vos baisers pour fuir le temps.

Nuits sans visage, larmes au divan, mièvres émotions du faux semblant,

Torpilles de rêves, courbes écharpées, sabres en flanelle, anesthésiés…

Effritent les perles, brisent le collier, les coquillages au coeur lassé,

Les pages bavoirs longent les pavés, et l’eau du lac, pourpre est souillée…

Dans la chaleur, lourde, délirante, nuits corrosives dégoulinantes.

Grande demoiselle au cou d’ivoire, au goût de sel, fruit sans histoire,

N’attendez plus d’être choisie, fermez la porte aux sombres nuits,

Il n’y aura d’envie volée pour les romans sans beau papier.

Tiphaine C

Illustration « le coq rouge dans la nuit » de Marc Chagall

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