Lettre à Grand père

A toi,

Tu m’as fait aimer la liberté,

Pas d’horaire, pas de rite, un grand guide pour aimer.

Les tourterelles sifflaient la graine au gai pinson,

Les séquoias chantonnent sur l’air de ton prénom,

Les grillons jaunes casqués s’adressent aux crabes des prés,

Le parc embaume l’espace, l’air est resté sucré.

Le tilleul se tient droit, les camélias en fleurs,

La cerise pointe du doigt, les toutes premières lueurs,

Et le bouleau abrite, couvre les champignons,

Tandis que le saule pleure, cherche ta guérison.

Il faut savoir parler de ce que tu as planté,

Que tu as fait du bien sur tous ces beaux sentiers;

Ton arbre me regarde tout du long des hauteurs,

Caresse ses épines, respire ton odeur.

Il y a ce tas de bois qui n’est jamais parti,

Il ne partira pas c’est toi qui me l’a dit,

Et puis, piquée au cœur, ton allée de rosiers,

Reste, mille et une fleurs, c’est toi qui l’a créé.

Je ne veux pas oublier, joli petit oiseau,

Tu les aimais tellement, dessous ton grand chapeau,

Les bras derrière le dos, le ventre toujours sorti,

Tu écoutais en coeur, la musique de ta vie.

Ils chantent sans s’arrêter maintenant qu’il fait chaud,

La mésange a toujours le prénom le plus beau.

Mais mon ange c’est toi mon kaki,

La vie n’est plus la même puisque que tu es parti.

Arrêter de te fuir, je veux vivre avec toi,

Me perdre dans ton rire, sentir que tu me vois,

Te laisser m’abriter sous l’ombre d’un hameau,

Marcher sans m’écrouler, regarder vers là haut.

Je te parle, je te sens et tu ne me dis rien,

Tout en haut du vieil arbre réponds à mon chagrin;

Sur un ton plein de joie, pas sur un ton macabre,

Je te sens près de moi, désarmé sans palabre.

Sache qu’il n’est pas question un jour que je t’oublie,

Je penserai à toi tout le temps de ma vie.

Parfois je serai triste, j’aurai peur de penser,

Parfois des arrivistes viendront pour me blesser.

Il n’y aura pas d’air, pour larme de cafardeuse,

Parce que tu vis en moi, quelle mission fabuleuse.

J’incarnerai pour toi une bien heureuse maison,

Il y aura du bonheur pour toutes les saisons;

Il suffit pour un temps de te pleurer absent,

Je te retrouverai quand viendra le moment.

En attendant ces temps, les mots sont un poème,

Et ma vie à présent, n’est plus aussi sereine.

Se battre pour nos rêves ceux qui croient au commun,

Vivre pour ceux qu’on aime et faire autour le bien.

Retranscrire, inventer, raconter les histoires.

Soigner, surprendre, narguer les yeux aux creux regards.

Les affreux, le picrate, être blonde comme les blés;

Vanter le matador, les frotiches sans ciller.

Je leur raconterai à mes petites têtes blondes,

Ils peuvent en être fiers, tu n’étais pas tout le monde;

A quel point je t’aimais et comme tu es parti,

Dignement, en Janvier, au milieu de la nuit.

La gorgée d’hydromel, rester fier et serein,

Tu as rejoint le ciel, mon grand homme s’est éteint.

Être une femme au présent, mon maître contre le vent.

Tu as fait des montagnes et sacrifié des nuits,

Tu m’appelais mignonne ou ma petite jolie;

Et même si je m’applique pour trouver les bons mots,

Chaque image me pique les poumons et l’égo.

Tu mériterais merveilles, proclamer par les anges,

Au rythme du soleil, en mille et une louanges.

Je ferme fort les yeux, crois entendre de ton rire,

Tu restes beau et heureux, tu peux enfin partir.

Ce monde gris vu d’en bas, ne te méritait pas,

Tu étais au dessus, loin ou tout près de moi.

Tu resteras celui, qui savait tout panser,

Toutes ces petites blessures, par un mot, un baiser.

Une épaule d’envergure, un cœur gros comme les pins,

Une histoire plus précieuse que la perle des écrins.

Rien d’autre n’y fera, même si tu es parti,

Tu seras toujours là, tu restes mon Kaki.  

Tiphaine C

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3 réflexions sur “Lettre à Grand père

    1. Merci Pat, pour ce regard réconfortant… J’aime le faire exister par cette petite lueur d’histoire du souvenir, pour ne pas que la poussière se pose trop longtemps.
      Ta lecture lui redonne un peu vie, alors merci infiniment!

      J'aime

  1. Des mots empreints de tendresse, d’authenticité et bien sûr, de profond respect pour ton Papi qui aimait la droiture et la beauté, un témoignage sincère qui montre à quel point tu es respectueuse de sa mémoire.
    J’imagine les larmes d’amour courir sur tes joues au moment où tu rédigeais ta « lettre à grand-père » parce que tu es incontestablement comme l’était ton Papi, Tiphaine : un être spirituel !

    Amicales pensées

    Aimé par 1 personne

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