LE MANEGE

M’importe peu la douceur de ta peau,

Que tu me regardes comme un bel oiseau.

M’emporte un peu quand tes mots se font chauds

Quand nous faisons des tours et que je te trouve beau.

Mais le manège n’a rien d’un voyage,

Il tourne sur lui même comme une vieille image,

Suspendue par un fil sur un lit d’enfant,

Recouverte de coloris qui font rêver les grands.

Il tombe lentement sur les paupières,

Le poids du jour, navrante misère.

J’ignore quand tu regardes passer les trains,

Si tu te demandes où mène mon chemin.

Je me surprends parfois à les jalouser,

Ils ont de belles couleurs même dans l’obscurité,

Je t’écoute fredonner que nous sommes amoureux,

Vibre dans tes cordes et vacille dans mes yeux.

J’ai peur de partir et peur de rester,

Savourer le moitié vide ou plaider liberté,

Arracher le lierre de mes tourments,

Ceux qui se construisent claironnent au présent.

J’aime ceux qui n’ont pas choisi,

Et qui sans le savoir, sont protégés des pluies.

Ceux qui ne sont pas forts de courage,

Qui trainent un peu des pieds, mais changent le voyage.

Ils sont éclats de rire, choisissent de s’abriter,

S’isolent de leurs convives, s’acharnent à respirer.

Ceux qui rêvent de nuits sans lune, de balader les étoiles,

Qui s’éveillent quand le cœur brûle, ivre de ses ripailles.

Ceux qui écorchent les peines, caressent les tourments,

Restent dans le joli, gardent une âme d’enfant.

Il faut sans d’autre choix faire voler le soleil,

Qui brûle le fond de l’âme et nourri les abeilles.

Le miel qui nous nourrit n’est pas seulement joli,

Pourquoi tu le regardes, l’observe dans la nuit.

Si sa texture est tendre, son odeur si sucrée,

Il essaye et murmure que tu dois le goûter.

Si tu le laisses briller, il voudra dépérir,

Le fruit de notre soleil n’est pas fait pour mourir.

La fusion de l’esprit, qui tambourine, qui balbutie ;

Un monde dans lequel il n’y aurait pas de gris,

Etre transportée par d’autres mains chaque matin,

Ce moment où tout brille, où tout le reste s’éteint.

Un regard tricolore au départ des journées,

Dorer nos vieilles portes, adoucir nos poignées.

Chacune de nos vagues initient le courant,

Elles conduisent nos santiags vers ces lieux étonnants.

La dernière fois, quand je me suis retrouvée,

J’étais sur de la mousse au cœur de l’oreiller.

Elle était douce, humide et verdoyante,

La clairière, au matin, parfumait de lavande,

Il y jouait d’étranges buissons piquants,

Parsemés de boules rouges et de drôles d’habitants.

Je les ai touché du bout de mes dix doigts,

Ils m’ont caressé chaque phalange deux cent fois,

Je les pensais malins, et voilà qu’ils m’aimaient,

Ils changeaient de nature pour ne pas me blesser.

Le sais tu, mon cher et tendre, la douceur ne suffit pas,

Ce n’est pas le vrai monde, s’il ne nous pique pas.

Alors continue de danser dans le désordre général,

Regarde sans espérer l’horizon si pâle,

Ce n’est pas de douceur dont j’ai besoin,

C’est d’un fragment de cœur qui comprenne le mien.

Tiphaine C

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5 réflexions sur “LE MANEGE

  1. Tiphaine, ce qui affleure à la lecture, c’est la sensibilité à la fois cachée et présente, l’enchevêtrement étroit des émotions, entre illusions et désillusions. Je ne peux pas lire « Ce n’est pas de douceur dont j’ai besoin, C’est d’un fragment de cœur qui comprenne le mien » sans ressentir une immense compassion !

    En plus, j’aime ce style simple et captivant qui regorge de symboles.

    Amicales pensées

    Aimé par 1 personne

      1. aime moi? Pas bête! C’est peut-être mieux que m’aimes-tu! Le risque est moindre et bizarrement sollicite une réponse je dirais…plus facile…A voir! Mais pour l’équilibre, j’ai peur qu’il soit rarement tenu. Heureusement, l’amour ne tient pas qu’à un fil! Il joue d’un instrument à plusieurs cordes…

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  2. Ecrit-Libriste c’est exactement la sensation, celle qui prend au coeur lorsque l’illusion ne s’accroche pas au monde, l’envolée d’une histoire qui refuse d’atterrir dans la belle réalité. C’est une chance de pouvoir s’évader, mais n’est il pas encore plus beau de pouvoir se porter? Les pieds sur le sol et la tête dans les étoiles 🙂

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